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Rencontre avec Réjean Roy

Réjean Roy est originaire d’Allardville au Nouveau-Brunswick en Canada. Il est journaliste, poète et écrivain.

Sa carrière a commencé comme journaliste. Il a écrit pour plusieurs journaux. Entre 1985  et 1992, il a produit plus de 400 articles (critiques artistiques, chroniques scientifiques, articles d'actualité).


En 1988, il publie son premier roman : «Le crépuscule de l'amour». Suivront ensuite «Le cri d'une poussière», «Périr par le sexe», un roman documentaire sur le sida et en 1993, son premier recueil de poésie «Les ombres de minuit».

Réjean Roy qui vit maintenant à Montréal, touchera même le livre audio avec une collection de neuf titres dans les domaines de la poésie, chansons, contes et nouvelles. Il a aussi été directeur littéraire des Éditions La Grande Marée, des Éditions de l'étoile de mer et de L'arc-en-ciel littéraire.

Le 26 septembre prochain il lancera son 28e titre : «Sous l’emprise du tyran». Il a gentiment accepté de venir nous parler à La Cité.


Vous avez publié jusqu’à présent un nombre impressionnant de romans ou de recueils de nouvelles. D’où vous vient toute cette inspiration ?

L’écriture est une passion depuis toujours. J’aime construire des personnages qui sont le reflet de mon quotidien. J’adore observer les comportements des gens, leurs habitudes, leurs maladresses et leurs petites joies. Tout de la vie me sert d’inspiration pour rendre mes héros sympathiques ou pour donner les traits voulus à mes personnages secondaires qui ne sont pas pour autant moins bien campés.


En quoi le marché québécois du roman LGBT est-il différent du marché français ?

La littérature LGBT au Québec est en péril. Depuis des années déjà, les institutions littéraires LGBT sont disparues les unes après les autres. Par exemple, la librairie Androgyne et Sergetreal libraires ont toutes deux fermé leurs portes. L’union des écrivains gais n’existe plus. Peu d’éditeurs québécois publient des ouvrages traitant de la réalité LGBT. L’arc-en-ciel littéraire a vu le jour en réaction directe à cet état de fait. Notre but est de faire connaître les auteurs LGBT puisque la majorité d’entre eux œuvrent dans l’ombre. Heureusement, en France, il y a encore un engouement pour la littéraire LGBT et c’est bien ainsi.


Vous avez aussi publié une collection de livres audio. En quoi diffère leur processus d’écriture de celui de romans ?

Il n’y a aucune différence au niveau de l’écriture. Seul le médium diffère. Aussi, avec les livres audio, j’ai eu la chance de marier ma voix et mes mots à des trames musicales originales. L’expérience vécue dans le studio d’enregistrement fut tout simplement sublime. Elle m’a permis de peindre mes textes avec une émotivité que l’écriture seule ne peut atteindre.


Vous agissez aussi  en tant que directeur littéraire pour le compte de L’arc-en-ciel littéraire, des Éditions de la Grande Marée et des Éditions de l'étoile de mer. Qu’est-ce qui vous y a mené ?

Effectivement, j’ai agi à titre de directeur littéraire pour Les Éditions de la Grande Marée, pour Les Éditions de l’étoile de mer en plus de fonder L’arc-en-ciel littéraire. Encore une fois, mon implication au niveau de l’édition est toute naturelle pour moi. J’ai toujours cru que plus il y a de roses au rosier, plus celui est resplendissant. C’est pourquoi j’ai œuvré bénévolement au sein de ces trois maisons d’édition au cours des 20 dernières années.


Vous gérez des projets d’édition pour différents auteurs et organismes. Qu’est-ce qui vous motive à vous impliquer ainsi ?

J’écris depuis que je suis enfant. J’ai toujours rêvé de devenir auteur et de publier. Je suis fier de dire que j’ai réalisé mon rêve le plus cher. Mon implication communautaire a toujours pour mandat de permettre à d’autres auteurs de se faire valoir, de publier, de goûter au plaisir de l’écriture et de la performance en public. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai fondé L’arc-en-ciel littéraire, le seul regroupement d’écrivains LGBT au Québec, en 2008. Il fallait permettre à tous ces auteurs de l’ombre de se dire, de se raconter, d’être connus du grand public.


Le 26 septembre prochain vous lancerez votre plus récent roman «Sous l’emprise du tyran» qui traite de harcèlement sexuel. Pourquoi avoir choisi ce thème et de quelle façon avez-vous abordé le sujet ?

En effet, « Sous l’emprise du tyran » est mon 28ième titre et c’est le couronnement d’un travail de longue haleine. Ce roman, inspiré d’une histoire vraie, a nécessité une dizaine d’années de travail. Sujet plutôt tabou, on en parle plus librement dans les médias depuis un certain temps. J’ai donc voulu participer au débat en démontrant que le harcèlement peut avoir lieu dans n’importe quel environnement de travail et que personne n’est vraiment à l’abri de ce fléau des temps modernes.

« Daniel, un étudiant de l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick, complète sa maîtrise. Or, pour obtenir son diplôme, il doit compléter avec succès un stage au sein de l’appareil gouvernemental. Tout ne se passera pas comme prévu puisqu’il sera victime de harcèlement sexuel. Ce roman est le témoin privilégié de ses pensées, de ses appréhensions et de ses constants tourments. »


Quels auteurs ont eu le plus d’influence sur votre écriture ?

Bien que j’aie toujours adoré Balzac, Camus et Voltaire, je demeure un passionné de Guy des Cars. Ses connaissances de la psychologie féminine et des comportements humains m’ont toujours fasciné. Des titres comme « L’insolence de sa beauté », « La brute » et « La maudite » m’ont particulièrement marqué et ont eu une incidence certaine sur mon cheminement en tant qu’auteur. C’est sans doute pourquoi j’adore publier des romans qui sortent des sentiers battus et qui ont une portée sociale indéniable.


Quels sont vos prochains projets ?

Je complète présentement un roman sur la violence conjugale. C’est en fait un triangle amoureux entre un homosexuel, un bisexuel et une hétérosexuelle. Le roman sert à démontrer que la violence est présente partout, que ce soit au niveau des couples hétérosexuels que chez les couples gais. « Idylle éphémère », qui est inspiré d’une histoire vécue, sera publié en 2011.

 

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