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MYLÈNE FARMER / Point de suture

mylene-farmer-point-de-sutureOu l'art de vendre ce que l'on sait faire de mieux... et de pire.

Non je n'emploierai pas de termes comme "Ange roux", je ne parlerai pas de la carrière de la miss, ni de sa réputation sulfureuse et libertine, tenterai de ce fait d'éviter les jeux de mots faciles en jouant avec les titres de ses chansons. Que dire sur Farmer alors ? Ah oui c'est vrai : son nouvel album. Mille excuses, j'avais oublié qu'il venait de sortir tellement cet opus manque de nouveauté, de surprise, d'événementiel.

On en est presque surpris de ne pas être surpris, pour peu qu'on oublie le précédent "Avant que l'ombre..." surprenant, pour le coup, de vacuité. "Point de suture" offre malgré tout un réel plaisir d'écoute surtout dû aux arrangements aériens, éthérés et classieux de Boutonnat, aux textes de Mylène Farmer et à l'énergie singulière de certains morceaux comme "Dégénération", "Je m'ennuie" ou "C'est dans l'air", mes favoris. Direct, efficace, simple.

Pop, littéralement. Ca c'est pour le meilleur. Pour le pire nous avons le droit à des textes... inqualifiables autrement qu'en faisant appel à des termes du domaine psychiatrique : "appelle mon numéro, donne-moi le "la" fais-moi lalali". Au secours ! Où est la Farmer des références historiques, littéraires ou aux maîtres de la peinture qui dédicace ses singles à Louis II de Bavière ou Egon Schiele ? Non, cette fois, on préfère les références à l'actualité socio-pseudo-culturelle, notamment avec Sextonik, mixe pseudo-générationnel de sexe et de tektonik (bingo!). On trouve en vrac des titres up-tempo électro-pop-dance, des ballades farmeriennes comme on a l'habitude d'en entendre depuis "Ainsi soit-je" et autre "Rêver" et quelques sons pop-rock, rares, et de piètre qualité (guitares en carton et solo 80s sur "Si j'avais au moins...").

Le premier single extrait de l'album est "Dégénération", titre froid, électro-dance, aux paroles minimalistes. Et les clubs de faire écho notemment avec un remix de Tomer G, le nouveau chouchou des dancefloors, un brun too-much tant il abuse de swich et de lasers sonores. Et la belle de l'assortir d'un clip faisant suite, apparemment, à "Désenchantée" où de méchants nazis viennent de nouveau lui chercher des noises. Mais cette fois, pas question de fuir : Mylène sort ses lasers magiques et tout le monde se déshabille et se touche. À noter que ces baisers-partouze n'ont lieu qu'en mode hétéro ou homo. Bi ? Non, point (de suture). Mylène reflirte avec son public gay, cette fois explicitement, allant même jusqu'à accorder une interview à Têtu et une couverture exclusive, rasoir à la main et mousse à raser sur les joues, le tout labelisé "Les gays et moi".

Bref, marketing et quelques textes mis à part, "Point de suture" reste un bon album qui n'arrivera cependant jamais à la cheville de ses albums pré-anamorphose,  pas même à celle d'Inamoramento. Les mélodies sont efficaces, l'arrangement et la production soignés, les textes de qualités, pour peu que l'on se penche dessus. Car comme d'habitude on ne manquera pas d'entendre  "on comprend rien à ce qu'elle dit". Il s'agit sans doute d'un parti pris depuis longtemps dans sa carrière, sûrement en référence aux productions anglo-saxonnes, qui ne m'a personnellement jamais dérangé. Un disque, un titre ne se consomme pas, un univers ne s'expose pas, à chacun de le déballer, comme un cadeau, de le décortiquer, de l'analyser, d'en chercher les références, et d'enrichir ainsi son univers. La conclusion en demi-teinte de cette chronique tient peut-être dans cette concession farmérienne d'aujourd'hui entre la qualité et le prêt à consommer.

Narcys
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Bonne fête...!!!

C'est bientôt leur anniversaire: