Aile me donne des elles
Partie 33 - Tu joues et tu perds
Partie 33 - Tu joues et tu perds
«Vincent le joueur»
Vincent le perdant de ce soir....
Il était 1h du matin et alors que je travaillais sur mon blog je reçus un appel. C’était Vincent. Comment pouvait-il m'appeler ce soir à 1h du matin m'ayant laissée sans nouvelle pendant deux jours ? C'était honteux. Comme les autres il me prenait pour sa pute. M'appeler à 1h du matin pour me faire sortir de chez-moi pour soi-disant s'expliquer. Pas de soucis, je m'apprêtais à lui en foutre plein la gueule....
J'enfilai mon pantalon le plus moulant, mon débardeur le plus petit, me maquillai et me coiffai pour être la plus sexy possible. Il allait le prendre dans la gueule et comme il faut. Je suis habituellement masculine mais ce soir, personne ne m'aurait reconnue.... Je descendis les escaliers de mon hall d'entrée et m'apprêtais à le rejoindre sans préparer de phrase à lui dire. Ce serait sur le moment que j'improviserais.
Arrivée dans sa voiture, on se serait cru dans un film : BMW grise métallisée, montre en or, costard taillé sur mesure avec cravate.... la classe quoi. Une hétéro n'aurait pas résisté. Et pour en rajouter une couche il est bel homme. Mais je ne suis pas hétéro, mieux, je ne suis pas sa pute.
J'entrai et monsieur me tendit la bouche, premier blanc de la soirée, je lui tendis la joue. Choqué, étonné, il me demanda ce qu'il se passait et je commençai à enchaîner :
«- Non mais tu t'attendais à quoi toi ? Pas de nouvelle de toi pendant deux jours, tu te pointes la bouche en coeur devant chez-moi à une heure du matin et tu t'attends à un kiss, mais t’es craqué !!
- Ah oui mais j'ai eu beaucoup de boulot et le boss nous a emmené boire un coup ce soir. J'ai pas pu venir plus tôt je suis désolé.»
Non tu n'es pas désolé.... Sa version sonnait juste, il empestait l'alcool à plein nez. Il réessaya de m'embrasser pour la deuxième fois et cela m’écoeurait. Ma mère étant alcoolique, l'alcool n'est pas une chose qui m'excite. Deuxième blanc que je lui mettais. Je le savais excité comme pas possible. Il reluquait ma poitrine à travers mon tout petit débardeur et cela m'amusait. Je savais que ce soir il n'aurait rien. Lorsque nous parlions, il en profitait pour passer sa main sur ma jambe puis entre mes cuisses. Connard ! Tu vas jouer et te brûler. Fait gaffe, j’ai juste 18 ans mais beaucoup d'expérience avec des cons comme toi.
Les sièges avant nous gênaient. Les lampadaires nous saoulaient. Nous décidâmes alors d'aller sur la banquette arrière. Après tout, c'est ce qu'il les excite tous. Pourquoi pas, de toute façon Céline ne voulait rien de moi alors autant profiter de la situation. Il commença à m'embrasser et mes nausées revinrent. Pas le stress non, mais l'odeur d'alcool. C'était horrible mais je continuai. Je savais que plus je poussais le bouchon plus il s'excitait.
Mon plan de ce soir : l'exciter à mort et rentrer dormir. Je voulais le laisser là comme un con.
Mais ça ne s'est pas passé comme je le voulais...
Je l'excitai du mieux que je pouvais. Je l'embrassais avec ardeur. Je le tirais vers moi, lui murmurant des trucs à l'oreille et comme un bouffon qu'il est, il partait au quart de tour.... Joue Vincent, joue parce que quand je vais entrer dans ton jeu tu seras le perdant.
Au bout de dix minutes je décidai de mettre fin à tout ça et de le planter. Mais monsieur est beaucoup plus costaud que moi et l'alcool n'arrangeait rien. Impossible de le contrôler, il insiste physiquement et moi je lui dis d'arrêter.... Il ne m'écoute pas... Je ne voulais pas revivre ça une seconde fois. C’était à mon tour de baiser un mec, de lui faire mal, de le toucher là où il s'en souviendra. Mais je réalisai que tant qu'il n'aurait pas eu ce qu'il veut, il ne me laisserait pas sortir de cette voiture. Si je ne coopérait pas, ce serait plus violent que prévu alors autant limiter les dégâts.
Je coopérai. Je lui fis comprendre qu'on n’avait aucune protection. Il restait quand même lucide sur la situation. Il me proposa de lui donner juste un avant-goût de ce qu'on aurait pu faire. Comme un sac de pommes de terre, il me balança de chaque coté de la voiture, m'enlevant mon débardeur. La situation m'échappait. Il fallait que je me rattrape. Je ne voulais pas échouer aussi près du but...
Je lui proposai de cesser ce soir et de le laisser sur sa faim. En échange, il viendrait à la maison samedi soir pour la totale. Vincent n'était pas d’accord. Il voulait absolument que je l'excite avec ma bouche mais il en n’était pas question. Vexé et frustré il repartit pour un tour de terrain. Je n'y comprenais rien... «Mais Vincent arrête là. Je ne peux pas mais promis samedi soir tu vas rien comprendre à ce que je vais te faire. Tu seras le roi et moi ta pute.»
Bizarrement le mot «pute» eut un impact imprévu au programme... Situation calmée, je reprenais les rennes. J’avais sauvé ma peau. Il se calma enfin. Il prévoyait ses plans pour samedi soir et partit tout content sans avoir terminé son affaire. Il me supplia une dernière fois, me murmurant que je l'attirai, l'excitait mais je refusai en remettant une couche «je sais ce que tu veux et tu l'auras samedi soir.»
Il partit enfin... Son numéro effacé, mon plan terminé j'envisageais déjà comment ne pas être chez moi samedi soir..... ! Je sais, ma mère sera momentanément en dépression et comme une fifille à sa maman j'irais lui tenir compagnie. Vincent lui espérait sûrement la plus belle nuit de sa vie et sera déçu comme je l’ai été avec tout le sexe masculin. Il ne mérite que ça, mon mépris, mon dégoût, il ne vaut pas mieux que les autres...
Adieu Vincent, tu ne le sais pas encore mais ta déception sera forte !

